Figure importante du département information-communication, madame Denuelle exerce son métier d’enseignante au sein de l’établissement, notamment pour les cours de Techniques d’expression, mais est depuis début novembre la nouvelle Chef de Département.

Pour la première interview de l’année, Le Waic s’est chargé d’aller à sa rencontre

Depuis quelques jours, vous êtes officiellement devenue Chef du département d’Information-Communication, quel a été votre parcours avant d’en arriver jusque-là ?

Je suis d’abord enseignante et en plus Chef de Département, c’est pas un changement radical. Alors comment je suis ? Moi je suis uniquement enseignante, à l’IUT il y a des enseignants-chercheurs, des professionnels et des enseignants. C’est le principe de l’IUT d’avoir trois types d’encadrants […] Je suis enseignante de lettres modernes, à l’origine, au collège, au lycée, en BTS, (enseignante de culture de la communication, ndlr) et puis je suis donc à l’IUT depuis déjà un certain nombre d’années en Techniques d’expression dans les deux options.

Du coup, pour vous… Enseignante c’est plutôt une vocation ?

Ce qu’il y a de sûr, c’est que je n’ai pas de regret, je ne souhaiterais pas être autre chose, je trouve que c’est… Intéressant, c’est vivant et c’est enrichissant. On est obligé, quand on enseigne, de continuer à apprendre, et puis à évoluer. On est obligé, [*rires*] car sans obligation je crois que je ne le ferais pas.

Est-on obligé de faire souvent une remise en question ?

Forcément. Forcément, chaque génération d’étudiants réagit différemment. Alors, c’est pas toujours confortable [*rires*]. Et puis heureusement, il y a des plaisirs à d’autres moments.

Devenir Chef de Département, c’était une opportunité ?

Oui. Une opportunité et puis une nécessité. Il fallait que quelqu’un se dévoue, un petit peu, mais je pense que pour moi c’était une opportunité. J’ai du temps, je n’ai plus d’enfants en bas âge donc je me dis « autant que ça serve à quelque chose ». Et puis je découvre d’autres aspects du métier : aspects administratifs, responsabilité pédagogique, animer des équipes…

Ce sont donc de nouvelles responsabilités que vous prenez en main, vous voulez nous en parler ?

Être Chef de Département est un poste varié. Cela consiste à gérer des chiffres, à regarder votre programme, à l’articuler avec les enseignants et manier des tableaux. Mais c’est aussi gérer un budget. On a de l’argent pour payer des heures, par exemple. C’est un peu nouveau pour moi, je dirais. C’est même radicalement nouveau ! Gérer des équipes, j’ai déjà fait. […] C’est travailler avec le secrétariat, travailler avec la direction de l’IUT, avec la présidente de l’université… C’est avoir de nouveaux interlocuteurs. Jusqu’ici, mes interlocuteurs étaient essentiellement mes collègues.

En tant que Chef de Département, quels vont être les nouveautés par rapport à votre prédécesseur Jacques Araszkiewiez ?

D’abord, nous ne sommes pas les mêmes personnalités, nous n’appréhendons pas les choses de la même manière. Jacques Araszkiewiez est un enseignant-chercheur, qui voyait des caps et des objectifs, je crois que je suis plus du côté pédagogique… Je vois le vécu des étudiants. Je crois que je ne sais pas à l’origine comment nous serons différents, mais nous le serons, ça, c’est sûr.

Vous avez déjà des objectifs ?

J’aimerais que nous arrivions à avoir plus d’enseignants. De nouveaux enseignants… Renouveler un petit peu, on va avoir des départs à la retraite, il va y avoir des campagnes de recrutement et je crois que c’est important. Je pense qu’il faut qu’il y ait des gens jeunes face à vous. Ce qu’on a essayé… Mais je crois que là, ça risque d’être obligatoire. Si possible, j’aimerais que l’on arrive à séparer les deux options des départements qui sont deux départements autonomes. C’est-à-dire l’option journalisme et l’option communication des organisations, quitte à toujours avoir des liens. Ils sont historiques ces liens, mais que nous ayons deux départements bien distincts.

Qu’est-ce qui empêche cette distinction?

C’est administratif. Deux départements distincts effectivement coûtent plus chers à l’administration qui, pour le moment, freine. Et à l’origine, l’option journalisme a été crée par ce département de communication. Ils sont éloignés de nous à tout point de vue, même si j’enseigne dans les deux. Pour l’instant, je suis Chef de Département des deux options. Donc si on est distinct, il va falloir un autre Chef de Département.

Beaucoup d’étudiants s’intéressent aux stages se déroulant à l’étranger. Pensez-vous permettre aux étudiants une plus grande possibilité de stage hors de nos frontières ?

Alors je sais que c’est une certaine demande d’étudiants qui me l’ont déjà exprimé lors de ma campagne, c’est une réflexion que l’on mène. Il y a déjà le Responsable des Relations Internationales qui va venir le 25 (25 novembre 2015, ndlr). Et puis j’aimerais qu’on ait au sein du département, un Responsable des Relations Internationales dans cette option. Pour le moment, je n’ai personne qui accepte de prendre cette responsabilité. En tout cas, oui, j’aimerais qu’on développe un petit peu cette ouverture à l’internationale même si ce n’est pas facile car il faut que l’on crée des partenariats mais nous essayons.

D’ailleurs, encouragez-vous des étudiants à partir à l’étranger, à y faire des stages ou y étudier ?

Bien sûr. Tout en sachant que la situation devient de plus en plus difficile. Il y a plein d’endroits où les étudiants partaient avant où ils ne peuvent plus partir. Au niveau national, on ne peut plus accorder des stages en Syrie, au Liban, en Afrique du Nord… Toutes les zones qui sont considérées à risque. Le monde devient plus étroit pour les étudiants…

 Le DUT Information et Communication apporte une base solide dans le domaine de la communication en entreprise et permet de s’ouvrir aux marchés du monde entier dans une société qui demande de plus en plus de connaissances des langues étrangères. Ne pensez-vous pas qu’il serait intéressant d’insérer dans notre cursus un choix plus varié de langues étrangères ? Tel que l’Arabe, le Russe ou le Chinois.

Les étudiants du DUT d’Information-Communication option journalisme font de l’arabe, mais n’ont pas d’autres choix. A Cannes, c’est une micro-promotion (30 étudiants, ndlr), la question qui se posait… Ils font de l’anglais et quelle deuxième langue pouvons-nous proposer ? On ne pouvait pas faire venir X professeurs d’espagnols, italiens ou allemands parce qu’ils auraient chacun eu 5 étudiants et qu’au niveau budgétaire, cela revenait très cher. On a choisi de faire de l’arabe comme deuxième langue obligatoire pour tous. Donc, ils sont initiés à l’arabe car il y a un intérêt d’ouverture autour du bassin méditerranéen. Pour l’option Communication des Organisations, ce n’était pas la même problématique, on arrive à vous proposer votre deuxième langue, soit Allemand, Italien ou Espagnol; et de la poursuivre. Si on ouvrait à du Russe, de l’Arabe ou Chinois, cela voudrait dire que l’on abandonne cette deuxième langue… On ne peut proposer de troisième langue, à cause du budget et du temps. […] De plus, la plupart des échanges commerciaux avec la Russie, la Chine ou les pays arabes se font en anglais.

Auriez-vous un conseil à donner à vos étudiants?

Travailler et éventuellement de s’appliquer. Et s’appliquer, non seulement au sein de la formation mais aussi de trouver toutes les occasions pour parler l’anglais en particulier. Les autres langues aussi, mais l’anglais s’est imposée comme la langue de la communication. Rester rigoureux et suivre les informations, faire la veille qui est important. C’est être curieux. Pas être curieux et surfer sur tout mais avoir des champs où on se dit « tiens, j’aimerais en savoir davantage, ça m’intéresse, je lis… ». Se faire des profils. En fin de deuxième année, ce serait bien de savoir en quoi vous êtes meilleurs que d’autres. Et le stage que vous choisissez en deuxième année est important, il crée votre profil, aussi.

Et concernant les élèves qui se retrouvent perdus ?

Il faut se documenter. Il y’a des conseillères d’orientation qui existent au niveau de l’université, à Valrose*, donc qu’ils n’hésitent pas à prendre contact… D’aller aux Journées Portes Ouvertes, d’aller aux Salons, dans les Journées Portes Ouvertes des écoles et y découvrir l’univers… Et il y a le site Come2Com qui est important.

Prise de rendez-vous les lundis et mercredis après-midis avec l’e-mail de Joelle.GOUDINEAU@unice.fr

Le mot de la fin

Propos recueillis Mélanie.B

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