Lundi 16 novembre, les étudiants des départements Information-Communication et Qlio du campus de Sophia-Antipolis se sont rassemblés pour observer une minute de silence.
Ce recueillement qui rend hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 ont beaucoup touché les étudiants du département ainsi que l’ensemble du corps enseignant.
À midi, les étudiants étaient réunis sur le parvis. Nous pouvions y voir des visages fermés, une atmosphère pesante, témoignant une certaine tristesse. Un moyen de rendre hommage aux victimes de ces attentats et de faire perdurer des valeurs qui sont les nôtres : l’unité, la solidarité, l’amour.
Un intervenant s’est adressé aux étudiants pour rappeler des principes de sécurité au sein de l’enceinte du département. Il a ensuite lu le communiqué de Madame la Ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud Belkacem, dans lequel elle rappelait les fondements de notre République. Par ces actes horribles qui ont voulu nous diviser ont au contraire créer un élan fort de fraternité et également de compassion pour les familles et proches des victimes. Ce n’est pas uniquement les victimes qui ont été touchées mais c’est la nation et le monde qui ont été affectés par ces actes barbares. En mémoire aux victimes, le deuil national a été décrété.
Suite à la minute de silence, des ballons ont été lâchés dans le ciel. On aurait pu en rester là, mais c’était sans compter l’intervention de Sinemis (IC2) qui a tenu à exprimer sa pensée, ses craintes et aussi sa volonté :
« Je vais vous expliquer la raison pour laquelle je souhaite prendre la parole.
Je n’ai certainement pas la prétention de dire que je suis plus impactée que d’autres personnes par ces abominables évènements, mais je me sens particulièrement concernée pour la raison suivante. J’ai perdu ma tante et mon cousin dans un attentat commis par le groupe Daesh en Turquie, au mois de juillet, les mêmes responsables des attentats de Paris ce week-end. Il y a eu également beaucoup de morts et de nombreux blessés.
A la suite de ces évènements, j’ai instinctivement développé un sentiment de haine envers ces meurtriers qui n’ont pas de couleurs ni de religions. Il est probable que ce même sentiment de haine soit aujourd’hui partagé par la plupart d’entre vous, mais la véritable guerre qu’il faut mener en tant que citoyens est celle contre les amalgames.
En tant qu’étudiants, la seule façon pour nous de combattre ce mal, est de ne pas céder aux objectifs des criminels à savoir : la division.
C’est en parlant, en échangeant nos idées, en prenant la parole comme je suis en train de le faire, en allant donner notre sang pour les victimes ou encore de se renseigner sur la meilleure façon de se rendre utile.
Le véritable objectif des terroristes n’est pas seulement de tuer des innocents qui ne représentent rien pour eux, mais surtout de créer la division entre nous. Pas seulement entre Français mais au cœur des êtres humains, ils cherchent à développer la haine de l’autre, en revendiquant des actes au nom d’une communauté qui n’est pas la leur.
Je souhaite que notre génération ne tombe pas dans ce piège, et réfléchisse à comment lutter en restant soudés. Ce que cherchent ces gens est simplement de créer une haine grandissante entre nous.
A notre échelle, je pense que la seule chose que nous puissions faire est de s’ouvrir au monde, de s’intéresser réellement à ce qu’il se passe dans les autres pays. Il ne s’agit pas seulement de sujets d’actualités, il s’agit de vies réelles, de peuples en souffrance que nous pouvons facilement ignorer en tournant une page.
Comme la plupart des gens, je ne mesurais pas l’ampleur de la douleur que pouvaient ressentir les victimes d’un attentat jusqu’à ce que cela m’arrive cet été en Turquie. La moitié de ma nationalité s’est sentie blessée, et ce week-end, c’est l’autre moitié qui a été endeuillée. Même si ce que je vous dis là est personnel, j’espère de tout cœur que cela pourra vous atteindre, vous toucher et dans le meilleur des cas vous faire réagir.
Nous devons être prudents, veiller les uns sur les autres et non pas se méfier des uns des autres. Nous devons garder à l’esprit que le terrorisme, n’a pas de religion, pas de couleur, qu’il ne vise pas un pays en particulier, la France, la Turquie, ou le Liban mais ils visent à détruire solidarité et l’humanité qui résident en chacun de nous. »
L’équipe du WAIC a pu récolter quelques textes de recueillement et des dessins traduisant la pensée de chacun autour des événements qui ont eu lieu. De ce que l’on peut dire, lire et voir, c’est un sentiment d’espoir, un rassemblement de force qui émerge contre ces terroristes qui attaquent nos valeurs et modes de vie.
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L’équipe du WAIC
