Beaucoup d’entre vous doivent connaître Alonzo Quichano, le personnage tout droit sorti du célèbre roman de Cervantes, à qui les romans de chevalerie ont fait tourné la tête et qui se considère alors comme le célèbre chevalier médiéval Don Quichotte. Il va partir lutter contre le mal en Espagne avec Sancho Panza, son écuyer tout aussi naïf.

C’est avec beaucoup de magie et pleins de surprises, qu’Andrés Marín nous a offert, ce jeudi 8 février 2018, une formidable retranscription, au théâtre Anthea d’Antibes. D. Qixote, car c’est ainsi qu’a été baptisé ce spectacle, avait ouvert, en 2017 le troisième Biennale d’art flamenco au Théâtre National Chaillot à Paris.

A 20 heures précises, l’ouverture des rideaux nous plonge dans un décor abondant : publicités des années cinquante, des lyrics qui défilent, un sac de couchage, une rampe de skateboard, des graffs, des taggs, et même une tente. Et soudain, dans une semi-obscurité, c’est Andrés Marín qui ouvre les hostilités : il entre en scène sur son monocycle. Dès lors, une panoplie de costumes démesurée nous est aussi proposée : gants de boxe, crampons, vieux vêtements, heaume, épées, armes à feu, curasse…

Une formidable cohésion d’équipe

Une formidable mise en scène s’offre à nous grâce à un travail d’équipe remarquable qui parvient à nous transmettre mille et une émotions. La jeune cantora Rosario La Tremendita, nous raconte par sa voix écorchée – rauque -, les rêves et désillusions du héros. Tandis que Daniel Suarès, à la batterie, nous plonge dans un climat musical divin. Entre rock, flamenco et techno, nous sommes immergés au sein du mythe culturel espagnol.

L’art sous un nouveau jour

Mais très vite, un tas d’activités artistiques viennent se mêler au flamenco. Du football, de la boxe, de l’escrime et du skateboard rendent la scène euphorique. C’est dans un flamenco 100% hybride que se lancent les danseurs. Pas question de se limiter au simple espace offert par la scène, puisque ces derniers font immersion en plein cœur du public. Jets de ballons, danse, chants, c’est ce à quoi nous avons pu assister après que Andrès Marin ait enfilé son maillot de footballeur. Un spectacle fort en émotions, qui pour plusieurs aura permis la réconciliation avec les grands mythes littéraires, si souvent étudiés dans un contexte scolaire…

 

Elisa INTERNICOLA

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