Les COP sont des rassemblements entre les chefs d’états et des acteurs non-étatiques (ONG, entreprises, etc.) du monde entier dans le but de se concerter pour mettre en place des actions coordonnées à l’échelle mondiale pour lutter contre la pollution et le réchauffement climatique. Les Conférences des Parties (COP) ont été instituées lors de l’adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) au sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992. Cela fait donc 30 ans que les COP existent et nous en sommes aujourd’hui à la 27ème.

Cette année, la COP27 se tient à Charm el-Cheikh, en Égypte, du 6 au 18 novembre. Cette conférence fait le lien entre la COP26 de Glasgow (2021, Royaume-Uni), qui a finalisé les règles d’application de l’Accord de Paris, et la COP28 de Dubaï (2023, Émirats arabes unis), qui tirera un premier bilan mondial de l’action climatique.

Pour cette COP, 4 grands enjeux sont mis sur la table des négociations :

  • –  L’adaptation de nos société et de nos modes de vie et de consommation aux enjeux environnementaux
  • –  L’atténuation des émissions de gaz à effets de serre (GES)
  • –  Le financement des actions écologiques et écoresponsables
  • –  Les pertes et préjudicesLa priorité de la COP27 est le GGAOrganisée sur le continent africain par l’Égypte, cette 27e édition accordera une priorité élevée à l’adaptation, en particulier l’objectif mondial d’adaptation (Global Goal on AdaptationGGA). C’est en 2015, que l’Accord de Paris a créé le GGA dans le but de conduire une action collective sur l’adaptation au climat. Cet objectif qualitatif, qui concerne toutes les Parties, consiste à renforcer les capacités d’adaptation, à accroître la résilience aux changements climatiques et à réduire la vulnérabilité. C’est la COP26 qui a décidé d’établir un programme de travail de deux ans (2022-2023) sur le GGA afin que les Parties puissent partager leur compréhension de cet objectif global et comment progresser vers son atteinte.Des accords dits « décevants » sur la problématique d’atténuation des émissions de gaz à effets de serre (GES)Sur cet enjeu, les accords signés à la suite de cette COP ont laissé sentiment d’inachèvement et par conséquent ils ont fait de nombreux dessus. Parmi eux, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à exprimer son regret sur le fait que « Nous devons drastiquement réduire les émissions maintenant et c’est une question à laquelle cette COP n’a pas répondu ». Cette avis est tout aussi partager par l’Union européenne qui s’est dite « déçue » par l’accord sur les

émissions. Toute cette déception provient du fait que les délégués de près de 200 pays ont ainsi adopté un texte final appelant à une réduction « rapide » des émissions, mais sans entrer dans les détails. En dépit de ces « accords », de nombreux pays au sein de la COP27 ont d’ailleurs dénoncé ce qu’ils considèrent comme un recul sur les ambitions définies lors de précédentes conférences : notamment sur l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, contenir le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Ceux-ci pointent notamment l’Egypte du doigt car ils estiment que les textes proposés par la présidence égyptienne constituaient un retour en arrière sur les engagements d’en relever régulièrement le niveau pris à Glasgow. Cette déclaration est partagée par Laurence Tubiana, architecte des accords de Paris de 2015 qui a déclaré : « Cette COP a affaibli les obligations pour les pays de présenter des engagements nouveaux et plus ambitieux ».

Les accords conclu dimanche ont déçu parce que ceux-ci ne visent pas la réduction progressive de l’utilisation de « tous les combustibles fossiles », comme l’avaient demandé l’Inde et l’Union européenne.

C’est pourquoi ils sont d’autant plus décevant au vu du constat du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui dans son 6e rapport d’évaluation (volume 3, avril 2022) alarme sur le fait que même si les engagements actuels de tous les pays du monde sont respectés d’ici 2030, l’objectif de réchauffement global de 1,5 °C prévu par l’Accord de Paris reste hors de portée et celui de 2 °C nécessitera une réduction drastique des émissions de tous les gaz à effet de serre d’ici 2030. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies et le service européen sur le changement climatique Copernicus a même montré dans un rapport qu’au vu des engagements internationaux, notre planète tend vers un réchauffement de 2,6°C d’ici la fin du siècle.

De nouveaux moyens de financements pour la mise en place de mesures pour le climat ont été votés

Les pays développés se sont engagés, dès 2009 et de nouveau en 2015, à mobiliser 100 milliards de dollars par an de financements pour l’action climatique dans les pays en développement pour la période 2020-2025. Lors de cette COP, les gouvernements ont pris la décision novatrice de mettre en place de nouveaux mécanismes de financement, ainsi qu’un fonds spécifique, pour aider les pays en développement à faire face aux pertes et préjudices. Ils ont également convenu de créer un « comité de transition » chargé de formuler des recommandations sur la manière de rendre opérationnels les nouveaux mécanismes de financement et le fonds lors de la COP 28 de l’année prochaine. La première réunion du comité transitoire devrait avoir lieu avant la fin du mois de mars 2023. De nouvelles promesses de dons, d’un montant total de plus de 230 millions USD, ont été faites au « Fonds d’adaptation lors de la COP 27 ». Ces promesses aideront beaucoup plus de communautés vulnérables à s’adapter au changement climatique grâce à des solutions d’adaptation concrètes.

Les moyens d’anticipation des pertes et préjudices que subiront les pays à cause des effets du réchauffement climatique sont mis sur la table des négociations.

L’un des objectifs de la COP27 est de faire progresser les discussions sur les pertes et préjudices dans un contexte de fortes attentes des plus vulnérables et de la société civile. Les participants de la COP ont adopté un texte très disputé sur l’aide aux pays pauvres impactés par les dérèglements du climat et leur impact sur l’environnement. Celui-ci propose la création d’un fond « pertes et préjudices » destiné à inciter les pays riches à aider les pays en développement à faire face aux effets néfastes du changement climatique, à l’image des tempêtes et inondations. L’accord, volontairement assez général, prévoit qu’un comité spécial règle les détails opérationnels d’ici la prochaine COP28, dans douze mois à Dubaï.

Sur ce sujet, la France s’inscrit dans cet objectif et renforce sa mobilisation sur l’ensemble du continuum d’activités pertinentes en la matière, que ce soit l’adaptation, la mise en place de systèmes d’alertes précoces, avec des initiatives telles que CREWS (initiative sur les systèmes d’alerte précoce aux risques climatiques), la réduction de risque de catastrophe, l’aide humanitaire, le soutien aux systèmes assurantiels. Un renforcement et une meilleure coordination des actions relatives aux pertes et préjudices est essentielle. La France soutient résolument le réseau de Santiago, créé à la COP25, et le bouclier global contre les risques climatiques développé par la présidence allemande du G7 et le V20.

Maud Derrien

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